10 résolutions pour 2018

par | 7 Jan 2018 | Réflexions

2018 et nos bientôt deux ans sont l’occasion de regarder dans le rétroviseur, partager notre expérience et ce que l’on souhaite de tout cœur pour les temps à venir. L’objectif ultime d’Alter Azur (créer un modèle sociétal alternatif à l’échelle du 06) sera plus long que nos prévisions de départ; cette aventure pourrait bien être celle d’une vie. Pourquoi est-ce si dur, si lent de construire le nouveau monde ? Quelles sont les entraves sur notre route ? Comment y remédier ?

 

BOUGEONS-NOUS !

Notre premier ennemi (et je dirais même le seul), c’est nous même ! Quand l’étape de « l’indignation » est atteinte, celle de l’action concrète, réfléchie, régulière, dont les effets sont mesurables… est encore loin d’être la suite logique. La flemme et la peur nous gouvernent ! Les agendas de nos vies sont faussement remplis, on ne trouve même plus le temps de s’assurer que demain puisse exister. « J’ai peur de manquer. Et si changer nous conduisait à la guerre, à la famine, au fait de dégrader notre situation ? Il est plus simple de ne rien faire, réfléchir demande une trop grande énergie, la flemme ! Ce système ne va pas si mal, nous ne sommes pas à la rue après tout, attendons d’être au bord du gouffre ! » Les politiques sont le reflet de notre inaction, de nos visions court-termistes, incompatibles avec le rythme de l’univers.
 
Mais ce raisonnement n’est qu’une illusion, un mantra dicté par une « main » de plus en plus visible, faisant de nous des êtres dociles, passifs, bercés par des chimères bon marchés. Prenons le temps de souffler cinq minutes. Élaguons le superflu, vivons l’essentiel ! Chercher ce qui nous rend vraiment heureux est la clé. Pour ce qui semble « incompressible », cherchez encore, le choix et les solutions ne sont jamais loins. La peur du manque, du pire, de l’inconnu ? Comment peut-on faire moins bien que l’aberrant et l’ignoble ?! Oui, le lien social, réapprendre à œuvrer ensemble demande énergie, patience et courage. Certains jours je me sens épuisé pour peu de résultats. Mais la naissance d’un futur radieux, la rencontre d’humains fantastiques, savoir que nous ne sommes pas seuls, et même toujours plus nombreux à agir, voir sa situation s’améliorer, nos rêves se réaliser… C’est si excitant ! Un nouveau contrat, plus honnête avec soi-même. C’est LA Vie, celle qui va de l’avant et non chaussons trainants, la liberté triomphante du marasme et de l’esclavagisme moderne ! Voilà ce qui doit vous motiver ! Demain est beau, mais il n’existera que grâce à vous !

 

RÉINVENTONS-NOUS EN PERMANENCE

Avant de pointer du doigt les autres, une bonne auto-critique est nécessaire quand un système n’est pas pleinement fonctionnel. C’est ce que l’on fait depuis l’été 2017, pour remédier à nos quelques aventures infructueuses. Sans rentrer dans les détails (voir nos précédents articles pour ça), il s’agit d’avoir la structure la plus irréprochable possible pour maximiser nos chances de réussites. Nous commençons à en voir les premiers résultats, ils seront toujours plus visibles. Notre expérimentation et les pistes d’améliorations sont permanentes.
 
« Et si l’on se trompait ? Quel est notre rôle ? Quelles sont nos valeurs immuables ? Quel est le but de tout ça ? « . Garder ces questions en tête permet de toujours progresser, d’accepter les critiques, de mieux travailler avec d’autres entités. Faisons le veux que toutes les asso’ du département adoptent cette idée, que la synergie, la convergence des luttes existe vraiment.

 

PRENONS DE LA HAUTEUR

Avoir pris du recul sur un sujet permet de ne pas radicaliser son opinion, de garder le dialogue social possible. Pour qu’il existe, un « gourou » implique forcément une interprétation extrême de son propos par des fidèles. Quand bien même un Homme paraît sage et vertueux, gardons le droit de ne pas être d’accord avec lui, d’admettre plusieurs interprétations possibles pour une parole assez vague. Certains adeptes de la Transition sont tellement persuadés que leur méthode est la meilleure, que leur champion a les plus beaux mots, que tout leur être en devient contre-productif. Leurs paroles et leurs agissements sont violents, aveuglément individuels, tout l’inverse de ce qu’ils étaient censés incarner. Certaines ONG frôlent même le totalitarisme, s’appropriant des mots, des technologies et des concepts qui appartiennent à l’humanité.

 

LAISSONS DE LA PLACE AUX PLUS JEUNES

L’expérience et la sagesse sont des valeurs qui priment dans notre société. Elles sont souvent rendues antagonistes avec la fougue de la jeunesse, les nouveaux courants d’actions et de pensées, souvent dénigrés, au moins dans un premier temps. Les deux notions sont pourtant si complémentaires. Mais à l’instar du lien social, celui générationnel doit être réappris. L’enfant digère l’expérience du parent, lui évitant de reproduire les mêmes erreurs, pour conserver énergie et dynamisme afin de vivre autre chose. Cela ne fonctionne que si le sage est humble, sait déceler et accompagner l’énergie nouvelle, ne pas en avoir peur, lui laisser de la place, ne pas la juger. Le cercle vicieux: croire que l’on va être jeté au rebut par plus jeune que nous. Bien au contraire, prendre soin d’un enfant, comme de tout être vivant, est l’assurance qu’il pourra un jour vous nourrir, prendre la relève, s’occuper de vous, et vous faire vivre plus longtemps.
 
N’oublions pas au passage qu’âge et sagesse ne sont pas forcément synonymes. Pas plus que jeunesse et énergie ! Gardons simplement nos égos de côté, nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne, il y aura toujours quelqu’un de « plus » ou de « moins » que nous. Réapprenons à nous faire confiance.

 

ARRÊTONS DE NOUS PLAINDRE

Encore un « sport national »: on peut passer sa vie à râler, contre soi-même ou les autres, dire que les Français sont comme-ci, que le pays va mal, que la vie est dure, qu’on a moins de chance que les autres… Tout ce que vous aurez fait avancer, c’est la cancer qui vous ronge à petit feu ! Vous n’êtes pas content de votre situation ? Bougez-vous ! Retour au premier paragraphe.
 
Vous vous faîtes du mal, mais vous plombez également les autres. Combien de mots méchants doit-on essuyer à l’encontre de notre action d’intérêt général ? Combien de nos bénévoles doivent encore être découragés ? Nous ne prétendons pas être parfaits, ni même des sauveurs (une image bien néfaste au passage), ne l’exigez pas de nous. Alter Azur est fait de simples citoyens, comme vous.

 

FORGEZ POUR DEVENIR FORGERON

Au départ, nous ne savions rien. Se cultiver, expérimenter, se faire aider sont les meilleurs atouts d’une vie. Pour construire un éco-village, il faut lire et comprendre le droit urbain par exemple. Est-ce compliqué ? Pas tant que ça quand on souhaite vraiment faire aboutir un projet. Et il y a fort à parier que des professionnels du secteur, eux aussi à contre-courant de la pensée dominante, sont là pour vous aider (les réunir: une de nos missions). Mais ils ne feront pas tout à notre place ! Et quand bien même, encore faut-il avoir appris leurs langages. Lisez, regardez des vidéos, des tutoriels. Ayez confiance en vous ! Le savoir est partout, on peut tous se l’approprier.

 

CHANGEONS-NOUS EN PREMIER AVANT DE CHANGER LE MONDE

Point d’égoïsme ici. Il faut être un minimum stable et solide dans sa propre vie pour entrer dans l’action collective. Notre joie est grande quand de nouveaux viennent nous prêter main forte, la déception l’est tout autant quand certains disparaissent au bout de deux semaines. C’est de l’énergie, des attentes et espoirs gaspillés pour eux comme pour nous. Certes nous devons encore grandement améliorer notre processus d’intégration, mais là aussi la volonté de l’individu est la plus importante.
 
Le collectif peut cependant vous aider à être individuellement plus stable, c’est d’ailleurs un de ses buts, et un cercle vertueux à atteindre. L’individu nourrit le collectif, et ce dernier répond aux attentes de l’individu. Pour se faire nous réfléchissons à des rencontres spécifiques, en dehors des groupes-projets.
 
Quand bien même vous êtes de bonne constitution, on ne peut faire l’impasse sur cette démarche. J’en sais quelque chose. Je viens de passer deux ans à « jouer aux assiettes chinoises« , mettant en orbites fragiles des projets, pensant répondre et faire plaisir à des citoyens porteurs pas encore assez forts, sans même prendre le temps de développer mon dessein personnel (lire ci-dessous), qui va pourtant me servir de carte de visite, de CV pour tout le reste, et donc servir le collectif.

 

PRENONS DES INITIATIVES

Il est difficile d’avoir le beurre et son argent. On ne peut se plaindre d’avoir un « patron » si on n’est pas capable d’auto-responsabilisation, d’autonomie, de prises d’initiatives. N’attendez pas que quelqu’un vous dise quoi faire. Si un groupe vous a fait confiance pour une mission, il y a de fortes chances pour que vous soyez en pleine capacité de la mener à bien. Ne confondons pas la dépendance hiérarchique à la demande d’aide ponctuelle. D’un côté on se repose sur quelqu’un en pensant qu’il peut endosser notre échec, de l’autre on utilise toutes les ressources du groupe pour mener à bien sa mission individuelle, pleine partie prenante de la réussite de ce même groupe.
 
La sociocratie est le modèle d’organisation à la mode, on oublie souvent qu’il implique ce que j’écris ci-dessus. La reconnaissance devant le groupe est censée transformer l’individu en « superman vertueux » qui assumera ses missions comme par magie. Ceux qui écrivent ça ne l’ont pas expérimenté sur le terrain avec des humains encore trop dépendants à la hiérarchie. Pour fonctionner rapidement, la sociocratie impliquerait que tout le groupe soit formé dès le départ, ce qui est impossible quand il accueille en permanence des nouveaux citoyens. Là aussi c’est en forgeant que … À nos coordinateurs de groupe de travail: un peu de patience, la sociocratie est une bonne méthode, mais il est parfois bon de jongler avec d’autres outils. Nous tenterons de proposer rapidement des formations adéquates à tous nos membres.
 
Pour être plus clair: une méthode n’est pas meilleure qu’une autre, elle dépend du groupe et surtout des individus que l’on a en face. C’est donc à nous de nous connaitre: accepter le « boss » quand on ne veut pas de responsabilités, et assumer les responsabilités quand on ne veut pas de boss. Il faut être honnête envers soi même, et envers le groupe: quand on laisse une mission sur la table, on s’en excuse, le groupe nous pardonne et peut éventuellement, toujours sur le principe du volontariat, nous confier autre chose. Mais disparaître sans mots est la pire chose que l’on peut faire à un collectif encore fragile. Je l’accepte, car je ne peux aller à l’encontre de l’existence, j’aspire simplement à croire que l’on peut faire mieux, que l’humanité vaut mieux que ça.
 
J’ose à parier pouvoir un jour « disparaître » d’Alter Azur, laisser ma place, car moi aussi j’ai le droit de faire autre chose. Savez-vous ô combien une activité altruiste est un sacrifice heureux ? Heureux car fait en conscience, nous apportant énormément, entre autre la gratitude de servir le bien commun; mais sacrifice car fait au détriment d’autres passions ou vocations. Je fais le vœux de recevoir moins de mails me demandant de signer ci, de prendre en charge ça. Je ne suis plus le président: collégial = tous la même responsabilité. Tentez de ne plus vous reposer sur qui que ce soit, comptez sur vous même, tout en sachant que le groupe est toujours là pour vous y aider.

 

FAISONS ACTE DE SOCIÉTÉ

Jardins partagés, éco-villages, écoles alternatives, repair cafés … tout existe, que manque t’il ? Du liant, le ciment qui permet d’imbriquer ces solutions au sein d’une organisation globale décidée par tous, que l’on pourra réellement appeler société. Elle ne devra exclure personne, ne pas seulement être un « plan B », mais faire évoluer le « plan A ». Là est toute l’ambition d’Alter Azur pour le département des Alpes Maritimes.
 
Comme écrit plus haut, s’occuper de son « commerce » en premier est une chose; mais si vous n’avez pas prévu la communication, les liens avec vos fournisseurs et vos clients, alors cet effort sera vain. C’est un système complet que nous avons à réinventer ! Et aucune asso’ (pas même une ONG) n’y arrivera seule dans son coin, c’est bien la somme de tous les citoyens qui le permettra.

 

LIMITONS LES EFFETS D’ANNONCE … MÊME SI…

Parler du futur permet de motiver les troupes, de se fixer des objectifs communs. Mais annoncer une date ou un local qui ne pourra être tenu peut aussi créer des désillusions. Tous nos projets en cours et à venir seront bientôt mis en valeur correctement sur notre site web. Nous leur donnerons un ordre dans un plan général, et une indication vague de temporalité, sans plus. Cette donnée dépend essentiellement des citoyens qui s’engagent et portent un projet. Nos plans phares ? Vous les connaissez: Maison de la Transition à Nice, TAC!, ACCESS, SAGESS, éco-village « ré-évolution » dans l’arrière pays, le groupe « outils numériques », continuer de travailler en vraie synergie avec d’autres entités …
 
Tout de même, je ne peux résister à l’envie de glisser deux mots sur mon projet perso’ … et puis non tiens ! Respectons les bonnes résolutions. De toutes façons si tout va bien vous verrez la chose concrète bien assez vite !

 

Voilà qui nous promet une belle année, on l’espère un véritable décollage, avec enfin une première forme d’éco-habitat… et donc pas mal de boulot ! 😉 Au nom de tout Alter Azur je vous adresse nos meilleurs vœux. Entreprenez ce que vous voulez voir arriver dans votre vie, sans peurs ni doutes. Si vous le faîtes en conscience, avec les tripes et le cœur alors ça marchera ! Si nous pouvons vous aider d’une quelconque manière, alors demandez-le. Plus que jamais, ne soyons qu’un, ensemble.

 

BAB’s
Cofondateur Alter Azur.

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