Proposition d’organisation pour la Transition 06

par | 29 Sep 2017 | Réflexions

Bon nombre d’associations maralpines œuvrent pour l’environnement, la citoyenneté, un changement de société. Tant pour leurs organisation que leurs financements, peu ont les reins solides. Les tentatives de travailler entre structures restent assez frileuses, voire infructueuses. L’objet de cet article est de proposer quelques pistes pour une architecture inter-entités claire, plus efficace, fixant des objectifs communs nous rendant inter-dépendants.

Ce sera l’occasion de revenir sur notre parcours de réflexion depuis ces bientôt deux ans d’actions. Une lecture par points vous permet d’accéder aux parties qui vous intéresse.

 

1) DÉFINITIONS

D’abord qu’est ce que la Transition ? Elle est au centre de nos actions et tout le monde n’a pas la même définition. Selon moi il s’agit de passer d’un modèle sociétal à un autre. D’un système qui court à notre perte vers un schéma durable et éthique qu’il faut parachever ensemble. Elle s’entend à toute échelle (de la transition individuelle jusqu’à celle mondiale) et dans tous les domaines (énergies, environnement, règles sociales, économie, éducation…). Un article sera prochainement dédiée à cette notion de Transition.

L’Économie Sociale et Solidaire (ou ESS) réunit les associations, mutuelles, fondations, coopératives et entreprises responsables qui décident de placer les intérêts du vivant avant ceux du profit. De ce fait, ces structures ont une utilité sociale avérée.

La souveraineté, c’est le fait de pouvoir prendre ses décisions librement, sans influences ou comptes à rendre à une autre personne. Dans le cas d’une société qui réunit des milliers / millions d’individus, une certaine hiérarchie peut s’organiser. En France par exemple, l’État délègue des missions aux régions, qui font de même avec les départements, qui font de même avec les communes. Les mairies ont donc un certain degré de souveraineté, prenant librement des décisions sur les missions qui leur sont confiées, mais en abandonnent aussi une part au département et à la région auxquels elles doivent demander des permissions pour des compétences qu’elles n’ont pas. La mairie ne choisit pas les pouvoirs qu’elle a. C’est la subsidiarité descendante: un organe central délègue du pouvoir à des organes locaux, plus proche des utilisateurs qui devront appliquer les décisions (logique « top down »).
Le système proposé ci-dessous s’inscrit dans le cadre d’une subsidiarité ascendante (ou logique « bottom up »). Les acteurs participants sont totalement souverains, Ce sont eux qui décident de déléguer une part de cette souveraineté vers un organe plus fédérateur, afin de mener des actions dépassant le cadre de leurs propres structures.

Un « généraliste » est une entité qui traite de plusieurs thèmes de la Transition. Alter Azur en est un, nous développons aussi bien des projets d’éco-lieux que des évènementiels, structure de communication ou cours de yoga.

Un « spécialiste », une entité qui ne traite qu’un sujet. Habitat Paille 06 par exemple s’occupe de construction bois-terre-paille, point.

SCIC = Société Coopérative d’Intérêts Collectifs. La seule forme sociétale à laquelle une collectivité (ex: une mairie) peut prendre part. Permet d’associer les pouvoirs publics, les associations, les entreprises… et surtout les utilisateurs, tous ayant des intérêts communs sur un thème précis. Peut disposer d’une fiscalité avantageuse, de subventions… Plus d’informations sur Wikipédia.

Fonctions supports: les métiers « administratifs » qui n’ont pas d’autre finalité que de servir les métiers « activités ». Exemple: sans entreprises, un comptable n’a pas de raison d’être.

 

2) GENÈSE DE LA PROPOSITION

À l’origine d’Alter Azur, il y a l’envie de construire un éco-village (c’est bien sûr toujours le cas). Ces lieux sont des phares pour les citoyens en recherche d’une autre société. Mais à l’instar de la métaphore, ils sont encore trop isolés les uns des autres et ne montrent qu’un faisceau fragmentaire du nouveau monde; il manque un liant au tout pour faire acte de société. La première démarche reste donc de s’occuper de soi, se renforcer (se stabiliser, poser un toit au dessus de sa tête…), mais il faut aller plus loin, proposer un modèle sociétal complet (autosuffisant) et concret (économiquement viable et indépendant), durable (qui pourra être reproduit / ajusté dans 100 générations avec les mêmes chances) et éthique (offrant les mêmes possibilités à tous), liant non seulement les lieux mais aussi les agents de l’ESS, plus largement toute entité et tout citoyen allant vers cette Transition.

Tout l’objet de notre association est là. C’est assez proches des visions de mouvements tels que Colibris, Alternatiba, ou Département en Transition. Qu’est-ce qui nous pousse à créer différentes entités ? D’abord la méconnaissance de l’existence des autres. Mais aussi des fondements idéologiques quelque peu différents, l’envie de proposer de nouveaux angles d’actions, de répondre à d’autres publics cibles… Ainsi des « marques » fortes se développent, et qui dit marque dit identité qu’il est dur d’abandonner pour une quelconque fusion d’association. Plutôt que d’y voir une concurrence comme dans le secteur privé, voyons cela comme une chance, celle de mieux couvrir les publics à toucher et le spectre de l’intellect pour toujours innover.

Comment faire non seulement coexister ces structures, mais surtout faire en sorte qu’elles coopérèrent, pour exploiter toute la richesse de cette multiplicité, faire germer au mieux cette société dont nous rêvons tous ?
Alter Azur est co-initiatrice de la Synergie des Transitions, un collectif informel réunissant les principaux acteurs du département œuvrant dans ce sens. Informel ? Qui n’a pas d’existence juridique, et surtout pas de réunions régulières, de quelconque ligne directrice, d’objectifs à atteindre collectivement. L’anti-thèse même de ce que l’on propose à l’intérieur de nos associations respectives.

La raison selon moi ? D’abord le mouvement se cale sur la vitesse des moins motivés à collaborer, l’inverse même d’une logique qui voudrait que les plus dynamiques servent de locomotives (ce que je tente ici). J’ai failli appeler ce texte « synergie à deux vitesses ». Pourquoi pas après tout ? Personne n’est forcé d’aller au même rythme, le principal étant que l’on se tire vers le haut et non l’inverse. Mais le plus important n’est pas là: il va falloir accepter d’abandonner un peu de sa souveraineté à cette synergie si nous souhaitons qu’elle soit réellement efficace.

Si l’objectif commun est bel et bien de faire naître un écosystème pour le département, alors Alter Azur ne peut plus travailler sur ce sujet seul dans son coin, ça n’a aucun sens. Cette mission est transférée à la synergie, et Alter Azur doit y allouer des ressources. Certaines de nos décisions ne dépendraient plus seulement de nos membres mais de ceux de la synergie, plus large, plus représentative de la société. Exactement là le sens de l’intérêt général: nous ne servons pas seulement nos membres mais la société entière.

De manière plus pratique: pourquoi Pierre doit se trouver un spécialiste de la recherche de financement, et que Jacques doit faire de même ? Si il n’y en a qu’un sur le « marché », alors naît la compétition pour l’avoir. Si maintenant Pierre et Jacques créent ensemble Paul, une structure indépendante dédiée à trouver des fonds pour ses membres, alors elle embauchera le seul citoyen qui était compétent pour cette tâche, qui travaillera sans préférence pour Pierre ou Jacques. Mieux: cela permettra de créer des projets de plus grandes envergures. Jusque là Pierre est bon pour les concerts, qu’il organise en faisait des pieds et des mains pour obtenir 1000 € de sa ville, Jacques fait de même pour les conférences. Pierre attire plutôt les jeunes mais a du mal à leur inculquer un peu de citoyenneté autrement que par l’artistique. Jacques touche un public plus âgé et se demande comment rendre son message plus attrayant pour les jeunes. Grâce à Paul, ils vont pouvoir organiser un festival, non seulement ils auront les subventions de leurs deux villes, mais aussi celles que Paul a su obtenir de la région, de fondations, et de sponsors … Pierre et Jacques pourront ainsi toucher un large public, faire venir des groupes et des intervenants de plus grandes renommées, organiser une communication plus massive, et surtout: il n’y aura qu’une date à un seul endroit, là où le public (mais aussi les membres organisateurs qui pouvaient appartenir aux deux entités sans savoir comment se dédoubler !) devait auparavant faire un choix. En créant Paul, ils ont pu s’offrir la compétence qui leur manquait, qu’ils n’auraient pas eu autrement, ou alors à moitié, donc moins efficace. À l’inverse si il y avait eu un citoyen compétent dans chaque entité, utilisé à 50% de son temps disponible, en créant Paul, Pierre et Jacques n’utiliserons qu’une ressource à 100%, l’autre pouvant travailler sur un autre projet. Cet exemple vaut pour toutes les fonctions supports.

Pierre et Jacques ont donc gardé leurs identités, leurs raisons d’être, continuent d’autres projets de manière indépendante, tout en abandonnant un peu de souveraineté à Paul pour démultiplier l’impact de leurs actions. À tout moment en cas de problème, ils peuvent reprendre ce pouvoir et l’exercer de nouveau via leurs structures. Mais quand « l’économie » va, tout va; et il y a fort à parier que Pierre et Jacques deviennent bons amis à long terme.

 

3) PROPOSITION D’ORGANISATION

Le principe de base est une organisation qui peut se décliner à toute échelle, s’imbriquer d’un niveau à un autre (valable pour un projet give box, un collectif citoyen comprenant un projet give box, une association comprenant plusieurs collectifs citoyens, un écosystème comprenant une multitude d’acteurs…). MAIS, elle peut aussi ne rien changer à l’organisation des éléments qui la composent (pour l’écosystème, les associations) ou dont elle fait partie (une quelconque fédération nationale) et fonctionner aussi.

Quelques autres grands principes:
– Un Homme, une voix
– Une subsidiarité ascendante (voir définitions)

Volontairement je ne parlerai pas des modes de prises de décision au sein des organes, des éventuels rituels de début de réunion, etc… Tout ceci n’est qu’une « surcouche » qui n’interfère pas avec ce qui est présenté ci-dessous.

La proposition comprend:
– une assemblée réunissant tous les membres de la structure, souveraine, se réunissant une fois par mois, d’où son nom = la réunion mensuelle (RM).
– des groupes de travail (GT), un par projet, composés au minimum de deux personnes, s’organisant et se réunissant comme ils le souhaitent (plus fréquemment que la RM sinon pas d’avancées). Prenant directement les décisions qui n’impliquent qu’eux même, sinon devant faire une proposition à la RM (une « procédure d’urgence » est prévue, voir les statuts types ci-dessous).
– un groupe de travail administratif (GTA), fonctionnant comme les GT, pour abriter les fonctions supports de la structure.
– Un organe de médiation (OM), le plus indépendant possible (qui ne subit pas de pression d’un autre organe de la structure), composé de membres tirés au sort lors d’une RM, et qui assurément n’ont rien à voir avec le conflit sur lequel ils vont devoir trancher.

C’est le modèle que l’on applique actuellement au sein d’Alter Azur, cliquez sur l’image ci-dessous pour le visualiser.

Dans notre cas, notre objet est de créer des collectifs citoyens, des agents de l’ESS et des éco-lieux, cela pose une problématique d’indépendance sur laquelle je reviendrai plus bas dans une partie dédiée.

Pour l’écosystème, quelques éléments viennent s’y ajouter:
– Les Pôles d’Action (PA) qui regroupent les GT et les spécialistes travaillant sur le même thème (agriculture, éducation…). On peut à terme imaginer qu’ils se transforment en SCIC pour plus d’efficacité.
– Les Pôles Transversaux (PT) qui regroupent par thèmes les fonctions supports au service des PA, dont un pour administrer l’écosystème lui même.
– Un Label Qualité (LQ), le plus indépendant possible de l’écosystème, avec plusieurs buts: permettre à l’utilisateur des biens et services produits par l’écosystème de les reconnaitre facilement, par une graduation savoir quels sont les acteurs les plus exemplaires ou ceux qui doivent faire un effort, et ainsi contraindre ces derniers à bien respecter l’intérêt général, sans que l’écosystème n’ait à intervenir. Les agents de l’écosystème y participent donc de leur plein gré, et ce dernier ne peut rien leur imposer, seul les citoyens ont ce pouvoir. Un gage d’indépendance et de confiance entre tous.

Ce modèle est visuellement représenté ci-dessous, cliquez pour agrandir et lire le détail.

Les statuts suivants sont ceux écrits (et en cours de discussion) pour Alter Azur, la base que nous proposons est la même.
Statuts AA 2017-3

Celle que nous avons adapté pour « Alter Azur Biot ».
Propa statuts AA Biot

 

4) Problématiques posées et curseurs d’ajustements pour amélioration

• Comment éviter les redondances d’actions si deux membres ne sont pas d’accord pour se dispatcher le travail et veulent rester sur des tâches identiques ? La RM et l’OM peuvent trancher (sur demande des acteurs concernés) mais peut être que d’autres moyens existent.

• Comment interagir avec un acteur qui ne veut pas participer à l’écosystème ? D’autres redondances d’actions peuvent survenir.

• Certaines antennes locales sont contraintes par un bureau national, quoi faire en cas d’incompatibilité avec l’idée d’un écosystème départemental ?

• “Mobilité matricielle des ressources”: Vaut-il mieux intégrer des fonctions supports (admin, com’, juri) au sein des pôles actions thématiques, ou regrouper toutes ces fonctions au sein d’un pôle au service des autres ? Je propose une “solution hybride”: les pôles transversaux regroupent les fonctions supports, mais au sein du pôle « recherche de fonds » par exemple, Pierre peut être spécialisé dans l’agriculture uniquement. Il faudra en tous cas prévoir qu’une personne puisse non seulement vouloir changer de thématique (ou en cumuler), mais aussi de métier (et passer par exemple dans un pôle action) = la matrice des ressources.

• Quel degré souhaité de “délégation de pouvoir / missions” à un organe plus “fédérateur” ? Exemple: Dois-je garder quelques fonctions supports en interne ou doivent-elles toutes être gérées par un organe de l’écosystème ? Observer ce qui existe donne des réponses: une petite structure spécialisée, dont le travail s’intègre nécessairement avec celui d’autres structures (ex: un charpentier indépendant) aura tendance à déléguer un maximum sa comptabilité, ses besoins juridiques… pour se consacrer quasi exclusivement à son activité même. Alors qu’une structure un peu plus importante, en regroupant plusieurs (ex: une entreprise de bâtiment), aura tendance à conserver ces fonctions / ressources en interne car utilisées à 100%. Ici aussi un risque de redondance d’actions entre « niveaux » existe.

• Comment assurer l’impartialité de l’écosystème Transition par rapport aux acteurs qui le composent ? Exemple: un service communication est créé pour gérer l’ensemble des besoins de tous les mouvements de l’écosystème, beaucoup de ses membres viennent historiquement de chez Pierre. Comment s’assure t-on qu’il ne favorise pas les intérêts de Pierre au détriment de Paul ? Là encore, la RM et l’OM sont censés pouvoir éviter ça, d’autres moyens vous viendront peut être à l’esprit.

• Quel degré d’indépendance des acteurs créés par une entité par rapport à celle-ci ? Il me semble indispensable qu’une structure, si elle est mature puisse s’émanciper de son créateur. Exemple: Alter Azur créer un collectif citoyen, ce dernier a le choix de rester en interne comme un Groupe de Travail, ou de devenir une association à part entière, s’intégrant au même titre qu’Alter Azur dans l’écosystème.

• Quel degré d’indépendance de tout l’écosystème par rapport à l’État ? Voulons-nous d’un modèle type Coopérative Intégrale Catalane (qui déroute les impôts qu’elle paie à son profit), ou type “institutionnalisé” qui dépend principalement des subventions ? Désobéissance civile ou partenariat public / privé ? Entre-deux ? Pour l’instant, Alter Azur a toujours envisagé le travail sur une éventuelle constitution d’écosystème comme une couche additionnelle à la constitution française, le cadre du premier s’inscrivant ainsi dans le socle juridique du second, ce qui n’empêche pas d’en exploiter les limites / failles. Ça oblige souvent à un double discours selon les interlocuteurs à qui nous parlons, l’adaptabilité, peut être la clé.

 

5) UN COURT RÉSUMÉ ?

Il est formidable de voir de plus en plus d’acteurs œuvrer à changer en bien cette société. Mais dans notre département ces structures sont mal organisées entre-elles, n’ont pas de réels buts communs. Le présent article propose une entité juridique nouvelle, la plus indépendante possible pour assurer cette fonction. Cette organisation permettrait aux acteurs existants de garder leurs identités, leurs souverainetés, tout en étant plus efficaces en leurs seins mais aussi collectivement, en évitant au mieux les redondances d’actions, en optimisant les ressources à notre disposition, en allant chercher au maximum celles que nous n’exploitons pas encore et surtout, in fine, en proposant au grand public un discours plus « sexy, précis, concis », plus cohérent, faisant disparaître nos divisions au profit d’une richesse d’acteurs créant l’unité.

 

6) REMERCIEMENTS

Ce texte et cette proposition découlent d’échanges avec mes camarades de terrain, d’observations des statuts et modes de fonctionnements des uns et des autres pour tenter de trouver des bases communes. vous avez des bouqins à me conseiller ? je suis preneur ! Merci à ceux qui interagissent avec nous, qui nous critiquent en bien ou en mal, car les deux font progresser. Certaines des idées exprimées ici étaient les vôtres, elles appartiennent désormais à nous tous.

 

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